Après l’ère de l’email et surf, les moteurs de recherche puis les encyclopédies collaboratives et donc communautaires en ligne (Wikipédia), les réseaux sociaux (Facebook) et les sites de publication de vidéos personnelles (Youtube, Dailymotion) ont permis le développement d’Internet comme média « de tous vers tous » à l’opposé de la diffusion TV ou média traditionnels « de 1 vers tous »… Youtube, Current TV et bien d’autres permettent à chacun d’être journaliste ou réalisateur, de publier ses sketches, ses films amateurs ou sa musique avec une chance significative de faire le tour de la planète !
C’est une véritable révolution que nous sommes en train de vivre mais ne nous leurrons pas, nous n’en sommes qu’au tout début… Nous sommes tous encore « câblés » sur l’ancien paradigme du médium traditionnel qui nous impose son format, son contenu et son horaire, et ses stars : le contenu est formaté pour plaire à toute la famille, et en général on se limite au plus petit dénominateur commun… Alors que dès aujourd’hui les nouvelles formes de TV et surtout les outils liés au développement d’Internet permettent de consommer les médias tellement différemment, le journal de 20 heures a toujours ses adeptes ! Mais le changement est en marche, et la baisse d’audience du JT de TF1 n’est peut-être pas uniquement liée au remplacement de PPDA par Laurence Ferrarri…
Du « 1 vers tous » au « tous vers tous » : équipements et outils numériques
Chacun au sein du foyer peut déjà accéder à SON propre contenu sur le terminal qui lui convient le mieux :
· TV/Home cinéma, ordinateur, mais aussi téléphone mobile et chaînes hi-fi sont aujourd’hui reliés entre eux pour que cessent les batailles de télécommandes qui ne seront bientôt qu’un lointain souvenir, prêtant à sourire…
· Des outils comme les « média center » savent lier votre TV aux diverses mémoires numériques d’ordinateurs ou de simples disques durs présentes chez vous.
· Et physiquement parlant, le Wifi mais aussi le C.P.L. (Courant Porteur en Ligne) permettent de transporter simplement les contenus du Web ou de l’ordinateur par les airs ou sur votre réseau électrique sans vous encombrer de câbles inutiles…
En combinant tous ces outils habilement grâce au technicien PC30 le plus proche, chaque membre de la famille est connecté à son contenu préféré sans gêner l’autre, ce qui n’empêche pas le partage en famille, qui est même facilité par les possibilités grandissantes de profiter de l’émission préférée ou du film à voir tous ensemble et au moment qui convient le mieux à tous (contrôle du direct, enregistrement, vidéo à la demande…).
Mais souvent les différences de génération ou de sexe font qu’au moment de se détendre via les divers loisirs numériques existants, les préférences des uns ne s’accordent pas forcément aux goûts des autres… Ce qui désormais ne pose plus aucun problème : papa peut regarder le match de foot en HD dans le salon sur son grand écran plat, pendant que maman s’offre une séance cinéma sur le 2ème téléviseur du foyer ou son ordinateur personnel, que leur fils de 12 ans, déjà réalisateur, est occupé dans sa chambre au montage sur son ordinateur de son propre court-métrage tourné le jour même à l’école et qu’il souhaite diffuser à tous ses amis le soir même, sans oublier sa grande sœur qui discute en visiophonie via sa webcam et à moindre coût grâce à Internet avec son petit ami australien…
Le nouveau modèle médiatique
Certains artistes musicaux, pensant à raison contourner la problématique du piratage, proposent déjà directement –sans faire appel à leur maison de disque- à leurs fans leur nouveau tube sur Internet, à un tarif qui certes ne permet pas de rémunérer ladite maison de disque mais qui peut encourager certains à acheter les morceaux concernés plutôt que de les pirater à la première occasion.
Ceci n’est qu’un exemple, et qui concerne les professionnels, mais n’importe quel amateur peut aujourd’hui décider de réaliser son rêve de devenir musicien, cinéaste ou tout simplement journaliste d’investigation en publiant son contenu sur la Toile sur les sites spécialisés qui permettent d’accéder à une visibilité minimale… A la qualité de la publication en question de faire le reste…
L’univers où l’évolution est la plus rapide est celui des actualités : souvenez-vous au moment des attentats du métro londonien : les seules images de la catastrophe nous sont venues de simples citoyens qui ont filmé la scène qui se déroulait sous leurs yaux à l’aide de leurs téléphones mobiles. Et Current TV, la chaîne de TV fondée par un certain Al Gore aux Etats-Unis, est l’exemple parfait du médium du 21ème siècle : accessible aussi bien par Internet que par la TV (câblée), elle diffuse 50% de programmes produits par des professionnels et 50% de contenus publiés par des particuliers, avec une visibilité déterminée par la popularité de chaque vidéo (note moyenne donnée par ses pairs au journaliste en herbe)…
Cette véritable révolution dans notre manière de consommer (voire de produire par nous-mêmes) les médias concerne -en plus de l’univers médiatique- l’ensemble de la filière artistique : musique, cinéma, arts picturaux, littérature… Aucun professionnel n’échappera désormais à la concurrence de tous les amateurs qui n’attendent que de passer du rêve à la réalité en diffusant au plus grand nombre les œuvres qu’ils ont produites en utilisant déjà les outils du réseau : communautés de centres d’intérêt pour les connaissances techniques, studios virtuels de montage vidéo ou photo permettant de tout faire à la manière des meilleurs…
Liberté absolue…
L’univers du contenu, à consommer ou à produire et dans tous les cas à partager, c’est l’Internet d’aujourd’hui et de demain, et chacun est concerné car tous profiteront de cette liberté absolue qu’offre le réseau :
· Liberté en termes de production et de diffusion ou de simple consommation de contenus
· Liberté encore si on prend un instant pour mesurer l’évolution impressionnante des outils de communication permettant de faire le tour de la planète ou simplement de son cercle de proches en quelques clics…
Liberté pour le meilleur ou pour le pire ? Certains affirment que trop d’info tue l’info… Mais le rôle de filtre de l’expert professionnel n’en est que renforcé, et au moins les régimes autoritaires auront-ils plus de mal à dissimuler les informations qui les dérangent…
Enfin, la concurrence des professionnels par des amateurs, généralemeent fortement décriée par les professionnels journalistes ou artistes, peut déboucher sur plus de « richesse culturelle » pour tous dans la mesure où le rôle du professionnel est amené à évoluer : de producteur, il deviendra en plus expert, conseiller ou arbitre : et pourquoi pas ?